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Où l’on se régale des galles

mercredi 4 mai 2022, par claude

Après les oiseaux, papillons et abeilles sauvages qui fréquentent la flore locale, la nouvelle étape s’intéresse aux galles. Grace à l’édition de 2016 de l’Aide-mémoire de cécidologie : choix de zoocécidies de la Belgique de Jacques Lambinon, Sébastien Carbonnelle et Stéphane Claerebout, paru aux Cercles des naturalistes de Belgique, une passe est faite pour signaler des galles qu’il est possible de rencontrer sur les plantes de notre base de données.

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Galle sur hêtre

Cet ouvrage rappelle que les galles sont des « productions végétales que la plante hôte “fabrique” en réaction à l’action d’un organisme extérieur ». Cet organisme extérieur peut être un autre végétal, un virus, une bactérie, un nématode ou un champignon. Mais ici, ce sont les zoocécidies des acariens et insectes que nous suivons. Celles qui correspondent généralement à des pontes auxquelles la plante réagit ou est induite à réagir par le développement de tissus qui peuvent aussi bien protéger la ponte — obtention d’une toxicité pour décourager les herbivores — que la nourrir.

Ces données sont valables aussi bien pour la Belgique que pour les départements de France les plus proches. Sans surprise — on ne prête qu’aux riches —, les espèces végétales les plus touchées sont les espèces arborées qui abritent le plus de biodiversité : chênes, saules, bouleaux, peupliers, érables, tilleuls, ormes. Quelques genres sont également bien lotis : Galium, Rosa, Rubus, …

Presque 150 plantes sont concernées sur Hortical par cette page. À chacune d’elle nous avons mis le lien de chaque espèce autrice de galle vers sa fiche du site Plantparasieten van Europa : bladmineerders, gallen en schimmels = Plant Parasites of Europe : leafminers, galls and fungi. De nombreuses photos descriptives y sont souvent disponibles.

Les groupes zoologiques représentés sont tous des arthropodes, d’abord les familles concernées d’acariens puis, par ordres, celles des insectes.

Acariens

Eriophyidae, famille des ériophyies
Genres :
Acalitus (5 espèces), Aceria (32 espèces), Aculops (1 espèce), Aculus (7 espèces), Aequsomatus (1 espèce), Cecidophyes (5 espèces), Colomerus (1 espèce), Epitrimerus (1 espèce), Eriophyes (20 espèces), Phyllocoptes (5 espèces), Stenacis (1 espèce)

Phytoptidae, famille des phytoptes
Genres :
Phytoptus (3 espèces), Trisatecus (1 espèce)

Tarsonemidae, famille des tarsonènes
Genre :
Steneotarsonemus (1 espèce)

Coléoptères

Curculionidae, famille des charançons
Genres :
Miarus (1 espèce), Rhinusa (2 espèces)

Cerambycidae, famille des longicornes
Genre :
Saperda (1 espèce)

Diptères

Agromyzidae, famille des agromyzes
Genre :
Hexomyza (3 espèces)

Anthomyiidae, famille des anthomies
Genre :
Chirosia (2 espèces)

Cecidomyiidae, famille des cécidomyies
Genres :
Acericecis (2 espèces), Anisostephus (1 espèce), Anthodiplosis (1 espèce), Asphondylia (2 espèces), Atrichosema (1 espèce), Bayeriola (1 espèce), Contarinia (12 espèces), Craneioba (1 espèce), Cystiphora (2 espèces), Dasineura (38 espèces), Didymomya (1 espèces), Diodaulus (1 espèce), Drisina (1 espèce), Geocrypta (2 espèces), Harmandiola (4 espèces), Hartigiola (1 espèce), Iteomya (2 espèces), Jaapiella (4 espèces), Kiefferia (1 espèces), Lasioptera (3 espèces), Macrodiplosis (2 espèces), Macrolabis (2 espèces), Massalongia (2 espèces), Mikiola (1 espèce), Monarthropalpus (1 espèce), Obolodiplosis (1 espèce), Oligotrophus (2 espèces), Placochela (1 espèce), Putoniella (1 espèce), Rabdophaga (7 espèces), Resseliella (1 espèce), Rhopalomyia (4 espèces), Rondaniola (1 espèce), Sackenomyia (1 espèce), Schizomya (1 espèce), Semudobia (2 espèces), Spurgia (1 espèce), Taxomyia (1 espèce), Wachtliella (2 espèces), Zeuxidiplosis (1 espèce), Zygiobia (1 espèce)

Chloropidae, famille des chloropes
Genre :
Lipara (4 espèces)

Platypezidae, famille des platypèses
Espèce :
Agathomya wankowiczii sur le champignon polypore aplani (Ganoderma applanatum)

Tephritidae, famille des téphrites
Genres :
Noeeta (1 espèce)
Urophora (1 espèce)

Hémiptères

Tingidae, famille des punaises tigres ou tingidés
Genre :
Copium (1 espèce)

Aphididae, famille des pucerons
Dont les pucerons lanigères. Genres :
Aphis (1 espèce), Brachycolus (1 espèce), Colopha (1 espèce), Cryptomyzus (1 espèce), Cryptosiphum (1 espèce), Dysaphis (2 espèces), Eriosoma (3 espèces), Hayhurstia (1 espèce), Myzus (1 espèce), Pemphigus (4 espèce), Tetraneura (1 espèce), Thecabius (1 espèce)

Adelgidae, famille des chermès
Famille très proche des pucerons mais dont les membres ne pondent que des œufs, n’ont pas de cornicules ni de cauda en forme de queue. Genres :
Adelges (1 espèce), Sacchiphantes (2 espèces)

Psyllidae, la famille des psylles
Genres :
Psylla (1 espèce), Psyllopsis (2 espèces), Trichochermes (1 espèce)

Triozidae, anciennement dans la famille des psylles
Comprend les « mouches des fruits ». Genre :
Trioza (5 espèces)

Hyménoptères

Cynipidae, famille des cynips
Famille des mouches ou guêpes à galles. Genres :
Andricus (10 espèces), Aulacidea (1 espèce)Aylax (1 espèce), Biorhiza (1 espèce), Cynips (4 espèces), Diastrophus (1 espèce), Diplolepis (5 espèces), Dryocosmus (1 espèces), Liposthenes (1 espèce), Neuroterus (4 espèces), Pediaspis (1 espèce), Timaspis (1 espèce), Trigonaspis (1 espèce)

Eurytomidae, famille des eurytomes
Genre :
Tetramesa (1 espèce)

Tenthredinidae, famille des tentrèdes
Genres :
Blennocampa (1 espèce), Euura [dont Phyllocalpa et Pontania] (12 espèce)

Lépidoptères

Momphidae, famille des momphes
Une famille aux larves mineuses. Genre :
Mompha (1 espèce)

Nepticulidae, famille des nepticules
Genre :
Ectoedemia (2 espèces)

Pterophoridae, famille des ptérophores
Ce sont des papillons aux ailes plumeuses et divisées en lobves étroits. Genre :
Adaina (1 espèce)

Tortricidae, famille des tordeuses
Genres :
Heliozela (2 espèces), Retinia (1 espèce)


Circulez, il y a trop à voir ! : avril-t-il bien bu ce jour là !

vendredi 1er avril 2022, par claude

En ce jour de neige avrilesque, parfois pluvieux même, il devient difficile de circuler. Heureusement nos administrations sont là pour nous aider.

Il est très important de s’y retrouver dans nos voies circulables si l’on veut visiter nos parcs et nos campagnes environnantes en ce début de printemps. Saluons ces quelques efforts notables de progrès signalétiques qui ont aussi pour but de réveiller nos neurones (ou pas !) :

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Pour ou contre le vélo et même l’inverse !
N’oubliez pas votre sac-à-dos porte-vélo, toujours utile dans ces situations.
Rassurons-nous, la situation a été corrigée depuis la photo.

Ou encore :

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Cinq mètres où l’on n’aura plus le temps de regarder le paysage.
La preuve qu’il existe encore des espaces de liberté de vitesse, ne serait-ce que celle de la lumière entre les deux panneaux. Attention aux appels de phare si vous trainez trop entre ces deux panneaux. On vous dit que ce n’est plus limité !

Gérer la chaleur dans le bâti

dimanche 20 juin 2021, par claude

La canicule, comme la chanson populaire, ça s’en va et ça revient. L’occasion de reprendre ses précautions.

La chaleur extérieure est, comme le froid extérieur, un paramètre à gérer pour garder notre logement confortable. Les bonnes pratiques peuvent paradoxalement être les mêmes dans les deux saisons : l’air est l’agent principal que nous devons protéger (éviter de l’échauffer ou éviter de le refroidir). La chaleur va venir par transfert thermique :
• contact (conduction par les solides) : maison mal isolée, ponts thermiques,
• radiation (rayonnement) : rayons directs du soleil (les infrarouges piégés par les vitres),
• convection (des fluides comme l’air et l’eau) : les mouvements d’air chaud chassent ou réchauffent l’air frais.

Les leviers

1/ à l’extérieur
Sans toucher au bâti, la gestion du jardin nous aide :

  • les arbres caducs au sud nous protègent des rayons du soleil en été et, feuilles tombées, laissent le soleil nous réchauffer les murs en hiver,
  • les arbres persistants au nord nous coupent du vent froid qui refroidi les murs en hiver et nous protègent du soleil levant et couchant en été,
  • les arbres et arbustes nous aident par leur évapotranspiration : l’humidité qui s’évapore par leur respiration abaisse la température de l’air,
  • le lierre sur le mur (ce dernier à garder sain) lui préserve une température inférieure de 15 °C lors d’une chaleur de 40 °C, et lui garde une température plus élevée de 4 °C en période de gel.
    Attention, les végétaux peuvent nous occasionner des troubles de voisinage.

Sur le bâti :

  • peinture technique reflétant la lumière ou plus simplement peinture claire des toits et des murs
  • limiter les sources d’accumulation de la chaleur comme nos surfaces goudronnées ou bétonnées,
  • volets extérieurs pour nous protéger des radiations solaires,
  • film métallisé sur les vitrages pour limiter le réchauffement et accentuer notre isolation,
  • surplomb (avancée de toit, etc.) protégeant nos murs du soleil haut en été mais les laissant profiter du soleil bas en hiver.

2/ à l’intérieur
L’air est un bon isolant si on limite les phénomènes de convection par :

  • a- micro-cellules
    • principe des matériaux légers isolants (laine de roche, laine de bois, polystyrène expansé, paille, etc.) : leurs micro-cellules ou leurs labyrinthes compliquent la propagation de la chaleur, dans un sens comme dans l’autre. Nos toits et combles sont à isoler en priorité (30 % des fuites d’air).
  • b - macro-cellules
    • bloquer l’air, entre les volets et nos fenêtres et de même entre celles-ci et les pièces par des rideaux stores ou voilages, ralentit les modifications de température en limitant la convection. Des rideaux foncés peuvent accumuler la chaleur mais il existe des rideaux pare soleil dont certains laissent passer la lumière et limitent l’éblouissement et la chaleur.
    • fermer les pièces entre-elles dans la journée pour lutter contre la convection en séparant les volumes d’air et garder des ambiances et luminosités différentes dans notre maison.

Des sources de chaleur à surveiller existent à l’intérieur même de notre logement :

  • nos matériels électriques dégageant de la chaleur, nous allons préférer l’arrêt à la veille, les produits notés A++… aux autres, les LEDs aux halogènes, etc.

3/ séparer vs lier « intérieur / extérieur »
La gestion de la chaleur est un jeu d’équilibre entre température extérieure et température intérieure. Elles ont tendance à s’équilibrer à terme, ce que nous ne souhaitons pas. Aussi :

  • le jour, la température est plus forte dehors que dedans : nous isolons pour garder la fraicheur et bloquer la chaleur à l’extérieur.
  • la nuit, la température est plus forte dedans que dehors : nous aérons pour faire rentrer la fraicheur et créer un courant d’air que va absorber la chaleur accumulée la journée dans les murs, sols et plafonds (comme lorsque l’on souffle sur un plat pour le refroidir).

Malheureusement, en cas de canicule (une vague de chaleur d’au moins 72 h de suite [= 3 jours] avec baisse de l’amplitude thermique entre jour et nuit), les parois de notre logement continuent lentement à s’échauffer sans pouvoir être rafraichis la nuit. Cette gestion par ouvertures et fermetures atteint alors ses limites.

4/ la gestion électromécanique
L’air immobile est un mauvais conducteur de chaleur, mais l’air en mouvement peut amener du confort :

  • le ventilateur s’il réchauffe notre atmosphère par le fonctionnement de son moteur a l’avantage de créer un frais relatif de par son vent qui favorise l’évaporation de notre sueur (et créant ainsi une vraie baisse de température au niveau de notre peau) lorsque l’air est humide. L’effet est négatif si l’air est très sec sauf si le ventilateur est lié à une brumisation.
  • es échangeurs air-sol (puits canadien, provençal ou climatique, cheminée solaire,…) utilisent la différence de température entre le sol et l’air pour refroidir l’air ventilé (le réchauffer en hiver).

Le refroidissement du logement par l’air conditionné :

  • baisse de T° de notre intérieur mais :
    • réchauffe la planète (le climatiseur dégage de la chaleur à l’extérieur) surtout en ville,
    • coute au budget (+ 15 % de consommation).
  • nous allons en modérer l’amplitude pour éviter les chocs de température préjudiciables à la santé lors de nos entrées et sorties du logement.

5/ le confort individuel
Indépendamment du bâtiment, nos bonnes pratiques individuelles en cas de surchauffe ou canicule restent :

  • boire des boissons en quantité suffisante (sans sucre, alcool ou excitant) car notre corps va évacuer beaucoup d’eau,
  • faire baisser la température de l’air ou de notre corps par l’évaporation (principe du climatiseur) :
    • eau sur voilage,
    • eau sur carrelage chaud,
    • glaçon devant un ventilateur,
    • brumisation du visage et du corps.
  • des horaires adaptés (nous éviterons de sortir entre 11 h et 21 h).

L’inertie des bâtiments traditionnels qui tient du principe de la bouteille thermos, tend à garder la fraicheur l’été et la chaleur l’hiver (nous avons plus tendance à chauffer en fin d’hiver qu’en début où la maison a accumulé de la chaleur d’été) mais ne s’applique pas à toutes les maisons en bois, bien isolées, mais qui peuvent d’avoir que peu d’inertie et subir plus les changements de température.


Avril en avril : confinitude le retour

jeudi 1er avril 2021, par claude

Les relevés phénologiques — près de 8’000 à ce jour — sont de plus ne plus difficiles à effectuer. Les confinements, imitations de déplacement, fermetures de frontière se succèdent. Maintenant des relevés se font aussi sur Mouscron mais n’ont pas encore l’historique de ceux faits depuis 2004-2005 sur Lille et dans le Val de Marque notamment à Villeneuve-d’Ascq.

Il est déjà net que de nombreux trous dans les relevés existent pour 2020 et 2021, j’essayerai de limiter celà de mon mieux pour les mois qui viennent.

Claude Delattre


L’hennin de jardin est au jardin médiéval ce que la casquette est au jardin ouvrier !

jeudi 1er avril 2021, par claude

Récuremment, j’oubliais l’indispensable article du 1er avril. À tort !

En effet, pas la peine de se précipiter telle une drache, cette année le 1er avril tombe une fois de plus en mars ! Pour vous faire patienter encore un an, voici une œuvre d’un type pas très net, l’ami Guy Ciancia (1943-2018).

L’Internationale des Nains de jardin

par Guy Ciancia (2005)

Chant culotté entonné par les hauts nanistes roubaignots, emmenés par le géant des Lisières, au soir de la prise de La Piscine, le 32 Mars de l’an II.

Debout ! Les nabots de la terre
Debout ! Les minus des jardins
Nains des bordur’s et des lisières,
Nous ne sommes tout, soyons rien
Des grincheux, faisons barbe rase
Et des simplets lalaïtou.
La grandeur changera de face
Quand l’infime deviendra tout !
 
Refrain
 
C’est la lutte finale
Groupons-nous car deux nains,
Toute chose éga-a-ale
C’est deux fois plus que rien (bis).
 
(Et deux fois plus que rien c’est beaucoup mieux que pas grand-chose)
 
Des pelouses de Babylone
Jusqu’aux potagers de l’Alma
Les nains payent de leur personne
Les caprices du climat
La pluie taraude leur silhouette
Et le vent use leurs rondeurs.
Jour après jour leurs corps s’émiettent
Ou fond’nt comme au soleil le beurre
 
(Refrain)
 
La croissance ne porte ombrage
À ceux qui viv’nt au ras du sol.
Ils font parti(e) du paysage,
Du détail, de la bricole.
La déco, voilà leur carrière.
L’ornement, c’est leur destinée,
L’apparence, sans rien derrière :
Être nain, ce n’est qu’exister !
 
(Refrain)
 
La multitude souveraine
Gavée d’hypers et de gigas
Anime les passions malsaines
Et divise les nains du bas
Il n’est d’ordre que minuscule
Il n’est de génie qu’exigu
Faisons place à la raison nulle
Le moins est ce qui manqu’ le plus
 
(Refrain)

Membre des éditions Passez muscade, je copine bassement sur nos publications :

Ciancia, Guy.Dans ma rue. — Lille : Académie septentrionale de queneaulogie fondamentale et appliquée (ASQFA), 2013. — 1 CD.
Avec Gérard Buisine, Nils Étienne, Erich Pralat, Dorian Bour, Christophe Avril, Alain Bugelli, Didier Demarcq, Théophile Demarcq, Martin Granger.

Ciancia, Guy.Lille en Mai : chroniques anarchistes / mise en page Jean Lespinasse. — Lille : Passez muscade, 2015 [mars]. — 299 p. : ill. ; 22 cm.

Ciancia, Guy.Chansons et quelques poèmes / préf. Francine Ciancia ; ill. Jacques Leclercq, Gérard Rouy, Séverine Ciancia ; mise en page Claude Delattre. — Lille : Passez muscade, 2020 [oct]. — 197 p. : ill. ; 21 cm.


Confinitude d’avril

mercredi 1er avril 2020

En application de l’article 3 du décret du 23 mars 2020 du gouvernement français prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l’épidémie de Covid19 dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, il est demandé à tous et toutes d’aider les autorités à contrôler les déplacements susceptibles d’interférer avec la sécurité cantonale, départementale, provinciale, nationale et internationale.

Aussi :

  • le contrôle du confinement des volailles sera assurée par la brigade des renards ;
  • les héronnières seront responsables du contrôle de la validité des déplacements d’amphibiens, les besoins de reproduction devront être justifiés et géolocalisés ;
  • les pollens auront leur déplacement autorisé à une heure quotidienne et dans un rayon maximal d’un kilomètre autour de leur fleur de départ à l’exclusion de toute narine ;
  • corneilles et freux devront disposer de protections individuelles après avoir porté non-assistance aux animaux vulnérables ou dépérissants ;
  • enfin toute herbe, arbre et arbuste est impérativement confiné à ses racines sous peine de consommation industrielle ou alimentaire.

L’Agence eurométropolitaine de biodiversité.


Le lombricompostage chez soi

jeudi 20 février 2020, par claude

Le lombricompostage chez soi

Le lombricompostage est une variante du compostage. Il utilise des vers lombrics pour dégrader les déchets de cuisine. Ce lombricompostage, comme le compostage ou la bassecour, vous permet de réduire vos déchets y compris si vous vivez en appartement. Ce qui n’est pas le cas pour le compostage ou l’élevage de poules. De plus les vers travaillent silencieusement.

Le fonctionnement

Pour avoir un lombricomposteur qui fonctionne, il faut des vers qui vont digérer les matières organiques à la suite des bactéries et des champignons. Deux espèces épigées de la famille des Lumbricidae sont classiquement utilisées. Contrairement aux vers de terre communs de même famille du genre Lombricus qui sont dits acéniques (« qui sont sans habitat ») et circulent verticalement, nos espèces du genre Eisenia sont dites épigées (« qui sont sur terre ») et circulent horizontalement :

  • le classique ver de fumier (Eisenia fetida ou Eisenia foetida) ou ver rouge ou ver tigré, il est de couleur rouge tigré de gris ou de jaune,
  • le ver de Californie (Eisenia andrei ou Eisenia fetida andrei), de couleur rouge uniforme, de plus en plus importé.

Il serait possible d’avoir ces deux espèces ensemble pour optimiser le fonctionnement recommande les Jardins de Noë au contraire du SIVOM du Jura. Vous les trouverez dans le commerce ou bien auprès d’une connaissance qui pratique déjà.

La température optimale des vers de compost se situe entre 15 °C et 25 °C avec un optimal à 20 °C. Cela oblige à protéger le lombricomposteur du gel en hiver et du soleil en été où les 40 °C qui peuvent facilement être atteints seront mortels autant que le gel.

Eau, oxygène et matière à décomposer sont les trois éléments pour un bon fonctionnement. Vous avez besoin d’une humidité minimum sans que le milieu ne soit détrempé, de l’air qui circule pour éviter les odeurs et d’une alimentation en matière organique pour vos vers.

Si le substrat est trop sec, vous allez pulvériser de l’eau ; s’il est trop humide vous apporterez des matières sèches et fibreuses pour aérer (bouts de cartons, paille, copeaux, feuilles, …) et surtout vous récolterez le jus pour assurer un bon drainage du fond et pour empêcher à vos vers de se noyer bel et bien.

Le matériel

Il existe différents modèles de lombricomposteurs. Vous pouvez soit en acheter un, soit, au vu de son cout relativement élevé, le faire vous-même. Il existe ainsi des tutoriels pour vous aider à sa fabrication.

Le lombricomposteur est formé de plusieurs plateaux entre lesquels les vers circulent et d’un robinet qui vous permet d’évacuer le trop plein de liquide (le jus recherché) du plateau inférieur. Vous recouvrez le contenu du plateau supérieur d’un tapis d’humidification (carton, jute, chanvre, journal, …) qui protègera les vers et limitera l’accès des moucherons.

Le démarrage

L’emplacement doit être à l’abri du gel et préférentiellement entre 10 et 30 °C : certains vers sont sensibles à une température inférieure à 8 °C ou à plus de 33 °C. Ils deviennent alors plus fragiles et la colonie peut décéder. Une circulation d’air minimum est nécessaire.

La litière est

L’installation des vers se fait

Un tapis d’humidification est très utile

L’alimentation du lombricomposteur

Vous pouvez nourrir vos vers avec :

  • épluchures
  • restes de légumes et de fruits
  • fleurs fanées, feuilles d’intérieur tombées
  • céréales, farine, pain
  • déchets de tisane, marc de café et filtres déchirés en morceaux
  • coquilles d’œufs broyées
  • déchets cuits (pâtes, riz, …)

Vous éviterez les :

  • agrumes (trop acides même en faible quantité : le substrat doit être plutôt basique qu’acide pour les microorganismes qui travaillent avant les vers)
  • coques et noyaux
  • lait et dérivés, matières grasses
  • viande (y compris poisson et crustacé), os et arêtes
  • litières de vos animaux domestiques
  • vinaigre, produits en contenu
  • pelures d’ail, oignons et échalotes

En plus de ces matières organiques, souvent azotées, vous allez équilibrer avec des matières carbonées : petits morceaux de papier (journal, essuie-tout usagé non gras), de carton brun, de boite d’œuf, …

Si vos vers quittent le lombricomposteur c’est qu’il est possible que le milieu ne soit pas optimal. L’acidité n’étant pas propice au bon fonctionnement, vous pouvez ajouter des coquilles d’œuf broyées. Si le bac est trop humide, vous pouvez entrouvrir le lombricomposteur pour aérer et rajouter des morceaux de carton, s’il est trop tassé vous allez mélanger le contenu, s’il est trop sec, vous allez humidifier en pulvérisant de l’eau comme pour vos plantes.

L’utilisation de la production

Avec le liquide formé lors de la décomposition des déchets par les bactéries, dilué à 10 %, vous avez un fertilisant rapidement assimilable.

Avec le compost produit, vous pouvez rempoter vos plantes ou engraisser les jardinières. Vous le mélangerez alors avec 2/3 de terreau.


Écho des coccinelles : pas que pour la déco

jeudi 23 août 2018, par claude

Les coccinellidés (Coccinellidae) nom de famille de nos coccinelles regroupent dans nos régions une soixantaine des six mille espèces recensées sur la planète.

Ces bestioles, dénoncées dans la rubrique « La bête à bon dos avec les coccinelles », ne sont pas que des bouffeuses de cochenilles et pucerons, ni même que des cannibales. Certaines de ces coléoptères préfèrent des moisissures ou des végétaux et parfois font désespérer jardiniers et jardinières.

Les coccinelles restent toutefois un symbole de protection des cultures et sont devenues pour certaines objets d’un green market qui n’est pas qu’une solution de lutte biologique mais parfois une petite catastrophe. Ainsi de l’introduction de la très vorace coccinelle asiatique dont l’appétit s’étend jusqu’aux congénères de sa famille. Une auxiliaire de protection des cultures un peu encombrante.

Quant à leurs couleurs, du brun au noir, en passant pas le rose, l’orange et le jaune, accompagnées de leurs points blancs, noirs, orangés, etc., parfois inexistants, elles disparaissent derrière le stéréotype de la « bête à bon dieu » à dos rouge-orangé à points noirs.

Si certaines espèces sont tentées d’hiverner dans les habitations et s’il existe des gites à coccinelles (à acheter ou à fabriquer), la meilleure action est de laisser des zones de litières, de tas de déchets végétaux, de souches, de sol sauvage dans son jardin. Elles profiteront à plus d’espèces de coccinelles et à beaucoup d’ingrédients de la biodiversité.

59 coccinelles à observer

❦ Adalia bipunctata / coccinelle à 2 points ou adalie à deux points
❦ Adalia decempunctata / coccinelle à 10 points ou adalie à 10 points
❦ Anatis ocellata / coccinelle ocellée ou anatis ocellé
❦ Anisosticta novemdecimpunctata / coccinelle à 19 points ou coccinelle des roseaux
❦ Aphidecta obliterata / coccinelle oblitérée, coccinelle de l’épicéa
❦ Calvia (Anisocalvia) quatuordecimguttata / coccinelle à 14 points blancs
❦ Calvia (Anisocalvia) quindecimguttata / calvia à 15 points blancs
❦ Calvia decemguttata / coccinelle à 10 points blancs ou calvia à dix points blancs
❦ Chilocorus bipustulatus / coccinelle des landes
❦ Chilocorus renipustulatus / coccinelle des saules
❦ Clitostethus arcuatus / Clitostethus arcuatus
❦ Coccidula rufa / coccidule des marais
❦ Coccidula scutellata / coccidule tachetée
❦ Coccinella hieroglyphica / coccinelle à hiéroglyphes
❦ Coccinella magnifica / coccinelle des fourmilières ou coccinelle éclatante
❦ Coccinella quinquepunctata / coccinelle à 5 points
❦ Coccinella septempunctata / coccinelle à 7 points
❦ Coccinella undecimpunctata / coccinelle à 11 points
❦ Coccinula quatuordecimpustulata / coccinelle à 14 points ou coccinule
❦ Epilachna (Henosepilachna) argus / coccinelle de la bryone ou coccinelle du melon
❦ Exochomus (Brumus) quadripustulatus / coccinelle à virgules
❦ Exochomus nigromaculatus / coccinelle noire
❦ Halyzia sedecimguttata / grande coccinelle orange
❦ Harmonia axyridis / coccinelle asiatique
❦ Harmonia quadripunctata / coccinelle à 4 points ou coccinelle des pins
❦ Hippodamia tredecimpunctata / coccinelle à 13 points
❦ Hippodamia undecimnotata / coccinelle migrante
❦ Hippodamia variegata / coccinelle des friches
❦ Hyperaspis campestris / Hyperaspis campestris
❦ Hyperaspis pseudopustulata / Hyperaspis pseudopustulata
❦ Myrrha octodecimguttata / coccinelle des cimes
❦ Nephus bipunctatus / Nephus bipunctatus
❦ Nephus bisignatus / Nephus bisignatus
❦ Nephus redtenbacheri / Nephus redtenbacheri
❦ Oenopia conglobata / coccinelle rosée ou coccinelle rose
❦ Oenopia lyncea / Oenopia lyncea
❦ Platynaspis luteorubra / coccinelle fulgurante
❦ Propylea quatuordecimpunctata / coccinelle à damier ou coccinelle à échiquier
❦ Psyllobora vigintiduopunctata / coccinelle à 22 points
❦ Pullus (Scymnus) ater / Pullus (Scymnus) ater
❦ Pullus (Scymnus) auritus / Pullus (Scymnus) auritus
❦ Pullus (Scymnus) haemorrhoidalis / Pullus (Scymnus) haemorrhoidalis
❦ Pullus (Scymnus) limbatus / Pullus (Scymnus) limbatus
❦ Pullus (Scymnus) suturalis / Pullus (Scymnus) suturalis
❦ Pulus (Scymnus) ferrugatus / Pulus (Scymnus) ferrugatus
❦ Rhyzobius chrysomeloides / rhyzobie des arbres
❦ Rhyzobius litura / rhyzobie des friches
❦ Scymnus apetzi / Scymnus apetzi
❦ Scymnus bivulnerus / Scymnus bivulnerus
❦ Scymnus frontalis / Scymnus frontalis
❦ Scymnus nigrinus / Scymnus nigrinus
❦ Scymnus rubromaculatus / coccinelle sombre
❦ Scymnus rufipes / Scymnus rufipes
❦ Sospita (Myzia) oblongoguttata / coccinelle zébrée
❦ Sospita vigintiguttata / coccinelle de l’aulne
❦ Stethorus punctillum / Stethorus punctillum
❦ Subcoccinella vigintiquatuorpunctata / coccinelle à 24 points ou coccinelle des légumineuses
❦ Tytthaspis sedecimpunctata / coccinelle à 16 points
❦ Vibidia duodecimguttata / petite coccinelle orange

Ne soyons pas sauvages avec les abeilles

mercredi 9 août 2017

L’abeille est perçue actuellement comme une « sentinelle de la biodiversité/de l’environnement » [1]. En fait de nombreuses espèces vivantes peuvent être de telles indicatrices, et pas que des espèces animales ou végétales.

Pour ce qui est de l’abeille, il vaut mieux parler « des » abeilles. Une abeille peut en effet plus être connue sous le nom de bourdon, osmie, mégachile, andrène, etc. pour ne pas en rester à l’abeille domestique, celle de nos ruches à miel, qui elle-même est à la fois un témoin — son absence est un mauvais signe — et parfois un risque pour la biodiversité — paradoxe du au facteur humain.

En effet, comment conjuguer lutte contre l’érosion de la biodiversité et bonne volonté de l’intervention humaine ? L’intervention des humains pour réparer ou améliorer — que ce soit un corps humain ou social, une culture, un élevage ou un environnement — se fait avec nos connaissances toujours limitées, bien que croissantes, et dans une ignorance toujours renouvelée. Toutefois, si agir grâce à nos connaissances en tenant compte de nos ignorances est une démarche à agréer, généralement nous agissons sans vraiment vérifier nos connaissances actuelles ou en préférant les ignorer.

Ainsi, sous couvert de sauver le monde de la disparition des insectes pollinisateurs [2] ; une espèce fétiche [3] — au sens religieux du mot — est mise en avant. Certes, une part importante des ressources alimentaires végétales seraient assurées par la pollinisation par les insectes (exception notable, les céréales), nous dit-on [4]. Toutefois, d’une part, les semenciers et les instituts de recherche agronomique tentent de trouver des variétés qui n’ont plus cette dépendance, d’autre part, les insectes pollinisateurs ne sont pas que des abeilles et les abeilles ne sont pas que l’abeille domestique (Apis mellifera). Ceci pour les plantes mises en culture [5].

La situation est encore plus diverse pour les plantes sauvages. Et, comme l’abeille domestique ne peut assurer la pollinisation de toutes les plantes à fleurs entomophiles [6], de même certains insectes ne pollinisent qu’un nombre très réduit d’espèces végétales. Parfois même, ces insectes sont dépendants d’une ou de quelques rares espèces. Nous comprenons alors, que si une pénurie de pollinisateurs a une incidence sur la reproduction végétale, une pression trop forte de pollinisateurs peut avoir une incidence sur la reproduction de quelques espèces pollinisatrices.

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La jasione des montagnes ou maritime (Jasione montana), seule source d’alimentation de l’abeille Dufourea halictula

Ainsi, parmi les insectes pollinisateurs, c’est le cas chez les abeilles. Ce groupe comporte aussi bien des espèces très généralistes dont la plus emblématique est l’abeille domestique, que des espèces qui sont liées à un groupe plus restreint de plantes et des espèces dépendantes d’une seule plante. Techniquement, elles sont décrites comme polylectique, oligolectique et monolectique (les termes polylègue, oligolègue et monolègue peuvent aussi se rencontrer). À l’inverse certaines plantes ne sont pollinisées que par peu ou par une seule espèce animale, par exemple une abeille sauvage. Plus rarement encore, une plante et un insecte peuvent être exclusivement liés l’un à l’autre d’où la quasi certitude que la disparition de l’un amène la disparition de l’autre. Les espèces dites monolectiques (une poignée localement [7]) ou oligolectiques (plus d’une cinquantaine) dont les plantes nourricières sont également visitées par d’autres insectes peuvent être en danger si la compétition sur les ressources en pollen et nectar est forte. C’est ce qui se passe déjà entre ruches dont les abeilles deviennent plus agressives lorsque les ressources disponibles diminuent. C’est ce qui se passe autour des ruchers importants, le nombre d’espèces pollinisatrices diminue. Le milieu est perturbé par l’intervention humaine [8], ici une sorte de surpâturage.

Sur cette pression et sur l’effet pervers de l’implantation localement grandissante de ruches, nous pouvons consulter les articles de Guillaume Lemoine [9].

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La vipérine (Echium vulgare), plante très visitée par les insectes et seule source d’alimentation des abeilles osmies Osmia adunca et Osmia anthocopoides

Concrètement, les espèces d’abeilles sont nombreuses en Europe, près de 1.000 en France [10], 500 en Belgique (dont une trentaine de bourdons mais aussi des abeilles coucous — dites cleptoparasites — qui font élever leur progéniture par d’autres espèces). Ces espèces représenteraient 80 % des individus en France [11], ce qui veut dire que l’abeille domestique représenterait 20 % des individus à elle seule, soit un piètre indice de biodiversité et potentiellement, une forte pression. Une rubrique de ce site [12] est entièrement consacrée à lister ces espèces : « Abeilles, que des sauvages ! Ou presque ! ». Elle signale autant que possible les rapports entre espèces d’abeilles, les époques possibles d’observation, les plantes visitées préférentiellement et donne les liens vers l’Atlas hymenoptera.

Claude Delattre

Notes

[1Cette expression s’est faite aussi appropriée par divers organismes qui se définissent « sentinelle de la biodiversité » (UICN, ONCFS, etc.).

[2« La grande majorité des espèces pollinisatrices sont sauvages, comprenant plus de 20 000 espèces d’abeilles, certaines espèces de mouches, papillons de jour et de nuit, guêpes, scarabées, thrips, oiseaux, chauves-souris et autres vertébrés. L’élevage de certaines espèces d’abeilles est largement répandu, notamment l’abeille à miel occidentale (Apis mellifera), l’abeille à miel orientale (Apis cerana), certains bourdons, certaines abeilles sans aiguillon et quelques abeilles solitaires. L’apiculture représente une source de revenus importante pour de nombreuses populations rurales. L’abeille à miel occidentale est l’espèce pollinisatrice dont l’élevage est le plus répandu dans le monde et il existe, à l’échelle planétaire, environ 81 millions de ruches qui produisent, selon les estimations, 1,6 million de tonnes de miel par an. ». In IPBES (2016) : Résumé à l’intention des décideurs du rapport d’évaluation de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques concernant les pollinisateurs, la pollinisation et la production alimentaire. S. G. Potts, V. L. Imperatriz-Fonseca, H. T. Ngo, J. C. Biesmeijer, T. D. Breeze, L. V. Dicks, L. A. Garibaldi, R. Hill, J. Settele, A. J. Vanbergen, M. A. Aizen, S. A. Cunningham, C. Eardley, B. M. Freitas, N. Gallai, P. G. Kevan, A. Kovács-Hostyánszki, P. K. K wapong, J. Li, X. Li, D. J. Martins, G. Nates-Parra, J. S. Pettis et B. F. Viana (eds.). Secrétariat de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques, Bonn, Allemagne. 36 pages, p. 8.

[3Voir, dans des domaines proches : le panda, l’ours blanc, etc.

[4« La pollinisation animale joue un rôle vital en tant que service écosystémique de régulation dans la nature. À l’échelle mondiale, près de 90 % des plantes sauvages à fleurs dépendent, au moins en partie, du transfert de pollen par les animaux. Ces plantes sont essentielles au bon fonctionnement des écosystèmes, car elles fournissent de la nourriture, forment des habitats et apportent d’autres ressources à de nombreuses autres espèces.
« Plus des trois quarts des principales catégories de cultures vivrières mondiales dépendent dans une certaine mesure de la pollinisation animale pour ce qui est du rendement et/ou de la qualité. Les cultures qui dépendent des pollinisateurs contribuent au volume de la production mondiale à hauteur de 35 %
 ».
IPBES (2016) idem, p. 8

[5Ainsi, la luzerne (Medicago sativa), bien que visitée par les abeilles domestiques est surtout pollinisée efficacement par des bourdons et notamment le bourdon terrestre (Bombus terrestris). Voir l’article d’A. Pouvreau « Principes de pollinisation entomogame, rôle des bourdons (Hyménoptères, Apoidea, Bombinae, Bombus, Latr.), problèmes posés par ces insectes » (1983) sur le site de l’OPIE.

[6Les plantes qui nécessitent généralement l’intervention d’insectes pour assurer leur pollinisation. En cas de non réussite ou d’absence de cette intervention, certaines espèces — comme le pommier — utilisent un plan B qui assure leur autofécondation mais produisent des fruits ou graines de moins bonne qualité.

[7Ainsi dans les rares espèces monolectiques de nos régions, on peut déjà citer : Dufourea halictula sur Jasione montana (la jasione dite des montagnes ou herbe bleue), Hoplitis adunca (appelée aussi Osmia adunca) et Hoplitis anthocopoides (appelée aussi Osmia anthocopoides) sur Echium vulgare (la vipérine).

[8Cette intervention peut aussi bien être commerciale (un·e apiculteur·trice doit vivre pour tout ou partie de sa production) qu’humanitaire (un·e citoyen·ne souhaite soutenir la biodiversité).

[10Parmi les hyménoptères de France : 1000 espèces d’abeilles, pour 5000 de guêpes et 200 de fourmis.

[12Cette rubrique n’existerait pas sans le travail de l’Université de Mons et de l’Agro-Bio Tech de Gembloux (Université de Liège) sur le site Atlas hymenoptera, et notamment sans les travaux de Pierre Rasmont.



Un pour tous, tous purins !

mercredi 12 avril 2017

Depuis des générations, sous beaucoup de latitudes, des végétaux ou des extraits animaux sont utilisés pour soigner. Le soin aux humains et à leurs animaux, qui prend le nom de phytothérapie, peut être étendu à d’autres êtres vivants : les plantes et le sol qui les nourrit.

Contexte juridique

Les préparations végétales connues sous le nom de « purins » sont, en fait, une famille de préparations. Leurs intitulés : extrait fermenté, décoction, infusion, macération sont aussi utilisés — sauf « extrait fermenté » — dans les « tisanes » et plus généralement les préparations médicinales à base de « simples » (soit les herbes médicinales).

Cette similarité avec la médecine est à l’origine d’un débat sur la légalité ou pas de ces préparations, de leur vente ou de leur enseignement. En effet, le soin des plantes, comme le soin aux animaux et autres humains, est sensé être sous la responsabilité des pharmaciens, vétérinaires et médecins et les préparations utiles aux soins sont sensées être des « médicaments » donc doivent être l’objet d’une homologation.

Définitions

Extrait fermenté :
Il se fait en menant une longue fermentation à une macération dans l’eau (de pluie de préférence). Le produit est prêt lorsqu’il n’y a plus de dégagement de bulles au remuage.
Infusion :
C’est le principe de la tisane (thé, tilleul, café…). Elle se fait en menant les plantes à ébullition dans l’eau puis en laissant refroidir. Préparations insecticide et insectifuge, à moindre efficacité que l’extrait fermenté.
Décoction :
Elle se fait en faisant bouillir les plantes. Après souvent une journée de trempage, on maintient le mélange, couvercle fermé, à bouillonner pendant 20 minutes à une heure. Pour les produits coriaces : racines, prêle, consoude, sauge.
Macération simple :
Elle se fait dans un milieu liquide (huile, alcool, eau) qui facilite les échanges entre le produit et le liquide. Elle dure seulement 24 h, contrairement à la macération de l’extrait fermenté. On utilise l’huile pour l’ail, l’eau de pluie pour la plupart des autres macérations. Fongicide et/ou stimulant.

Principe de fonctionnement

Les extraits végétaux sont utilisés avec trois buts principaux :
• la stimulation de la vie du sol, support nourricier de la plante,
• la stimulation de la plante par le renforcement de ses défenses,
• la lutte contre les ravageurs par une action repoussante ou létale : faire fuir ou tuer les animaux, algues (mildiou), champignons parasites.

Le premier but consiste à favoriser la vie microbienne et microscopique du sol. Elle sera surtout visible sur un sol ingrat. Un sol riche et vivant a peu besoin d’être stimulé.

Le deuxième est atteint par l’action élicitrice des extraits. Ce rôle d’éliciteur — ou de stimulateur — provoque une réaction de la plante (productions de substances défensives comme les tanins, etc.). Cette réaction se fait naturellement lorsque la plante ou ses voisines sont attaquées ou stressées. Il s’agit ici d’anticiper les défenses. Elle agit aussi sur la vie microbienne utile à la surface de la plante [1].

Le troisième est de limiter si ce n’est faire cesser des attaques parasitaires. Par la prévention, on renforce les plantes (c’est déjà le but précédent) ou on fragilise les parasites (spores, etc.) avant leur développement. Par le curatif on détruit (rôle biocide) ou on chasse (rôle insectifuge, par exemple) pour laisser le temps aux auxiliaires d’intervenir.

Fabrication

Méthode

Les trois principes de macération (simple ou en « extrait fermenté »), infusion et décoction peuvent exister. C’est la macération de type « extrait fermenté » ou « purin » qui est la plus pratiquée selon une méthode plus ou moins commune :
1 kg de plantes et 10 litres d’eau de pluie (éventuellement déchlorer et décalcifier l’eau du robinet)
— brasser tous les jours
— attendre l’arrêt de la formation de bulles : 4-8 jours pour l’ortie, 15 jours pour la consoude
— filtrer (si l’on n’a pas déjà fait macérer les plantes dans un sac) avec un filtre fin en inox (passoire) ou en coton (éviter les toiles trop grossières qui laissent passer de trop grosses particules qui boucheront les pulvérisateurs.
— utiliser en dilution à 10 % avec de l’eau de pluie (5 % en pulvérisation) :

  • arrosage du sol
    • stimulation microbienne (action sur le microbiote racinaire et sur la vie du sol)
  • pulvérisation du feuillage
    • stimulation de croissance (on parle parfois d’engrais foliaire & action sur le microbiote aérien)
    • effets insectifuges et parfois insecticides
  • arrosage du compost (action de stimulation sur la vie microbienne utile).

On peut stocker au frais 1-2 mois (ortie) parfois plus (consoude), sinon conserver sous vide pendant 1 an.

Les plantes les plus utilisées

  • ortie : stimulation, engrais azoté, insectifuge sur pucerons.
  • consoude : engrais potassique (pour les fruits) et alcalin.
  • sureau : fongicide et insectifuge (pucerons).
  • baies de sureau (en infusion), ail, pyrèthre : insecticide.
  • fougère-aigle, tanaisie : insectifuge.
  • capucine, raifort, prêle, bouleau : fongicide.
  • rhubarbe : insectifuge et anti limaces.
  • bardane, rumex...

- Arrêté du 18 avril 2011 autorisant la mise sur le marché du purin d’ortie en tant que préparation naturelle peu préoccupante à usage phytopharmaceutique (NOR : AGRG1110856A), avec en annexe une « Recette de fabrication et conditions d’utilisation du purin d’ortie » (PNPP n° 2011-01).

- Note de service DGAL/SDQPV/N2011-8095 du 18 avril 2011 (NOR : AGRG1008143N) : « Liste de référence des éléments naturels à partir desquels sont susceptibles d’être élaborées les préparations naturelles peu préoccupantes à usage phytopharmaceutique ».

- Purin d’orties et Cie, livre de Jean-Paul Collaert, Éric Petiot et Bernard Bertrand, éditions de Terran (2009). 24 plantes sauvages ou cultivées y sont décrites.

Notes

[1On parle parfois de microbiote foliaire. Voir à ce sujet une thèse très intéressante :
Thomas Fort. Effet du paysage sur la structure des communautés fongiques foliaires. Biodiversité et Écologie. Université de Bordeaux, 2016. Français. NNT : 2016BORD0266. tel-01441448


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